Mercredi 12 septembre 2007
Mots à utiliser : vite - magique- rapide - dernier -
contacter - prononcer -conseiller - sinistre - astuce - service
Avez-vous déjà goûté l'ambiance d'une petite ville de province , tranquille mais dynamique, moderne et historique à la fois. C'est dans une de celles-ci que vit Laurène, trentenaire bien dans
sa peau, qui a le bonheur de loger en centre ville dans un charmant immeuble de trois étages avec colombages et surmonté d'un grenier aéré qui servait au séchage de denrées
autrefois .
A peine sortie de son travail à la mairie, Laurène regagne d'un pas rapide son appartement afin d'enfiler pantalon,baskets et blouson puis vite aller flâner dans
les rues en attendant le moment magique où tout bascule.
En septembre, les jours racourcissent et vers huit heures les réverbères s'allument. Dans la ville tout s'agite encore. On se croirait au coeur d'une ruche, les vitrines sont éclairées, dans les
boutiques papotent les derniers acheteurs, les passants pressent le pas, aux terrasses des café paressent devant leur demi des hommes seuls ou des copains ignorant la tombée du jour, les voitures
bourdonnent ; puis tout à coup, silence. Les trottoirs sont vidés, les boutiques fermées, encore quelqu'automobiliste attardé ose troubler la quiétude de l'instant. C'est ce moment là qu'adore
Laurène, elle a l'impression que la ville lui appartient, qu'elle est seule à en connaître l'intimité. Elle regarde les fenêtrres s'éclairer et le gris de la nuit devenir bleu sombre. Elle
passe alors des ruelles étroites de la vieille ville aux larges avenues proches puis en général ses pas la mènent vers la rivière qui coule indifférente à tous ces changements. Ses amis lui ont
déjà conseillé de ne pas errer ainsi à la tombée du jour mais franchement elle se sent si bien qu'elle ne perçoit aucun danger dans SA ville. Arrivée sur les berges de la Charente
, elle s'assoit sur le talus herbeux, les lumières de la ville tremblent à la surface de l'eau cognant les premières étoiles. Un promeneur accompagné de son chien suit le chemin de hallage. Les
freins du dernier bus grincent à l'approche de l'arrêt du pont. Mais ce soir, l'endroit est sinistre : l'éclairage est plus que défectueux et le passage sous le
pont ressemble à la gueule d'un monstre prêt à tout avaler !!!Alors qu'elle se promet de contacter le services techniques de la mairie pour remédier à ce problème , une voix avinée
prononce des mots incompréhensibles à son oreille. Affolée, elle saute sur ses deux jambes "Eh ! ma belle, faut pas avoir peur comme ça ! j'te d'mande si t'aurait pas un bout
de tissu , une écharpe à m'donner, un bout d'carton, une tit' astuce pour m'faire un coin pour dormir." Revenue de sa frayeur, Laurène propose de le conduire vers un centre, mais
le bonhomme lui rétorque qu'en cette saison la plus belle chambre c'est lui qui l'a et qu'il ne compte pas s'enfermer sous un autre toit que le ciel, mais les nuits sont fraîches quand même et
qu'une couverture ne serait pas de trop ! Laurène, désolée, le laisse à ses recherches et sur le chemin du retour se dit qu'il serait peut-être bon d'organiser une distribution de
couvertures... on va encore lui rire au nez... mais tant pis elle en parlera..peut-être que d'autres auront des idées plus judicieuses.
Par SottoVoce
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Publié dans : jouons avec les mots
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